Publié par : Djuwels le : 08/08/2011
Samedi dernier, je suis allée à Abraska. Si vous ne connaissez pas le principe, l’idée est de crapahuter dans les arbres. Une dose d’escalade, un zeste de tyrolienne, un soupçon d’équilibre et le tour est joué.
C’est une excellente façon de se mettre à l’épreuve et de s’amuser en toute sécurité.

À peine arrivée, alors que je n’étais pas encore munie de mon baudrier, de mon casque et de mes mousquetons, je demandais déjà à tous ceux qui m’accompagnaient qui serait d’accord pour faire le parcours difficile avec moi…
Autant dire que je spéculais sur mes capacités avant même de les avoirs testées. Une forme de mise en échec finalement, car que se passe-t-il si je me rend compte que je ne suis pas capable de passer le niveau le plus facile qui soit ?! Et bien je suis tout simplement à ramasser à la petite cuillère car j’aurais une fois de plus mis la barre trop haute. Alors qu’il serait si facile d’être satisfait de ce que l’on a accomplis…
Après une courte et drôle initiation à la chose, nous nous empressons de commencer et nous mettons en file devant le parcours le plus facile du parc histoire de se familiariser avec la technique et le matériel.
Seulement voilà, nous ne sommes pas seuls et après quelques minutes d’attentes, notre petit groupe décide de s’orienter vers un parcours intermédiaire d’entrée de jeu. C’est parfait, il n’y a personne. Je part la première. Intermédiaire ? Pfff ! Trop facile, moi, je veux faire l’expert.
Je monte à l’échelle qui va me permettre de prendre de la hauteur. J’avance lentement et sûrement et là, première épreuve : il manque un barreau à l’échelle. Je fais comment, moi, maintenant ? Oh ! Mais c’est haut. Vertige. J’hésite. Les autres, restés en bas, m’encouragent. Je respire, mal, prend mon courage à deux mains et passe le passage difficile. Arrivée sur la plateforme, j’agrippe l’arbre. Je laisse passer quelqu’un devant moi. Je ne veux plus être la première. J’ai envie que quelqu’un me montre le chemin. C’est haut. Je me sent mal. J’ai peur. Et je n’ai encore rien vu de ce qui m’attend… En effet, alors que je tourne la tête je vois que je vais devoir marcher sur un fil tendu en me soutenant légèrement m’agrippant sur deux autres fils (un dans chaque main). J’hésite. Une amie me conseille de ne pas regarder en bas mais devant moi. Ce que je fais immédiatement. Ça me soulage. Lentement, un pas devant l’autre, j’avance. Je suis terrorisée mais je réalise qu’avec de la concentration et de la volonté, j’y arrive. 3ème épreuve et pas des moindres : la tyrolienne. Je m’attache, mes mains sont moites, j’ai bien tout fait comme le guide avait dit qu’il fallait faire, je n’ai plus qu’à me lancer dans le vide. À 3. J’y vais. C’est comment les mains déjà ? Ok, j’y vais. Maintenant. J’entend les autres m’encourager : “Allez Julie ! T’es capable !”, se moquer aussi gentiement, normal, j’ai ouvert la porte en grand : “C’est toi qui voulait faire le niveau expert ??” Je me lance. Un petit cris de surprise et puis… c’était ça ? C’est tout
Ouf ! J’ai réussi ! J’ai surmonté ma peur
Le reste de la journée s’est déroulé comme si ces premières étapes était un lointain cauchemar. Comme si ça ne s’était pas produit tellement j’étais à l’aise. Le niveau expert, je l’ai accomplis. Pas sans l’aide de mes amis qui m’ont encouragé et guidé quand j’en avais besoin. Pas sans concentration non plus et recentrage sur moi-même. Finalement, une fois qu’on a compris comment cela fonctionne, qu’on a testé la méthode, qu’on maîtrise d’avantage les gestes, le tout semble plus facile a réaliser… Ben, oui, forcément ! C’est pour cette raison qu’il vaut mieux commencer par le commencement
…
Une fois de plus, l’expérience m’apprenait une belle leçon de vie : un pas à la fois, une chose à la fois. Avoir des objectifs élevés c’est important pour se dépasser, mais il ne faut pas brûler les étapes.